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Félina se réveilla tôt comme d’habitude, arrachée au sommeil par le chant du jour qui se lève. Elle dormait peu et de moins en moins. Habituée à se réveiller seule dans son grand lit, Denis son compagnon étant très souvent en voyage professionnel, elle entra dans la cuisine pour se faire une tasse de thé noir aux épices qu’elle bu lentement et sans rien manger. Selon un rituel bien établi elle se mit à tourner longuement la cuillère dans sa tasse, bien après que le sucre ait complètement fondu, tout en regardant les chats qui jouaient sur les toits du voisinage. Son loft était sous les toits, au 6ème étage d’un immeuble parisien et largement ouvert sur l’extérieur par de larges baies vitrées qui unissaient la partie cuisine de la partie salon. Elle laissait vagabonder ses pensées tout en observant le jeu des chats.

Félina savait que cette journée ressemblerait aux autres. Elle ne sortirait pas de chez elle car elle sortait de moins en moins et toujours accompagnée de Denis. Quand elle était seule, ce qui lui arrivait souvent, elle trouvait toujours mille et un prétextes pour ne pas sortir car aller dehors toute seule lui procurait angoisse et anxiété. Elle passerait la journée à lire, à écrire et à dessiner car elle était auteur et illustrateur de livres pour enfants. Cela ne lui permettait pas de vivre aisément (elle vivait surtout grâce à un héritage) mais cela l’occupait. Les deux repas que Félina s’obligerait à prendre ne lui prendrait pas beaucoup de temps car elle mangeait peu et de moins en moins. En revanche elle passerait beaucoup de temps à inspecter ses placards, son congélateur et son réfrigérateur avant de choisir ses aliments car la nourriture ne l’enthousiasmait absolument pas et elle ressentait de plus en plus de dégoût pour de plus en plus d’aliments. Il fallait qu’elle se force à ne pas sauter un repas – ce qui la faisait immédiatement maigrir – chose que lui avait formellement interdit son médecin. Elle était déjà anormalement maigre, 50 kilos pour 1m 70. Elle passerait aussi beaucoup de temps à observer les chats. Parmi tous les chats qui traînaient sur les toits faisant face à son immeuble elle en avait remarqué un qu’elle avait surnommé chamailleur car il se battait souvent. Il se comportait comme s’il était le chef du quartier et rappelait à l’ordre brutalement ceux qui semblaient nier sa prééminence. En ce matin de Mai il faisait  très beau et Chamailleur commençait sa journée en lézardant au soleil. Elle prit un carnet et commença à croquer ce mystérieux chat gris.

Ce serait certainement l’activité la plus réjouissante de la journée pour Félina qui peinait de plus en plus dans la rédaction de son nouveau livre « Les aventures du petit Philou » qui racontait l’histoire d’un petit garçon qui avait peur de tout. Elle avait cru que ce sujet l’inspirerait puisqu’elle se sentait aussi victime de ses peurs mais il n’en était rien et elle ramait pour écrire le conte qu’elle devait livrer à son éditeur dans deux semaines.  Force lui était de constater qu’elle n’était pas très heureuse et que sa vie ne ressemblait pas du tout à ses rêves de jeune fille. Elle n’avait pas peur de tout mais elle n’en étai pas loin : guettée par l’agoraphobie et l’anorexie, elle devait en plus affronter un terrible vertige dés qu’elle montait sur un tabouret, ce qui l’empêchait de se pencher à sa fenêtre et de profiter de la magnifique vue sur les toits du quartier Saint-Médard. La source de son anxiété était multiple et elle ne pouvait même plus écouter les informations à la télé ni même à la radio car cela déclenchait des crises d’angoisse. Elle se sentait toujours menacée et vérifiait plusieurs fois par jor que sa porte était bien fermée. C’était toutes ces angoisses qui la réveillait la nuit et qui lui provoquaient des insomnies. Elle se sentait davantage en sécurité quand Denis était là et acceptait de sortir avec lui au restaurant ou au cinéma ou pour aller dîner chez des amis mais en faisant le voyage en voiture car elle ne supportait pas les transports en commun. Elle avait peur de se faire agresser et le métro lui donnait la sensation d’étouffer. Elle ne se rappelait pas à partir de quand elle avait ainsi basculé dans cette angoisse démesurée. Au début, il y avait eut une petite peur, puis une autre, les peurs s’étaient ajouté les unes aux autres et elles avaient grandi jusqu’à lui rendre la vie impossible et faire d’elle une prisonnière de son appartement. Mais contrairement au petit Philou elle n’avait pas peur de tout, elle aimait beaucoup ce qui terrorise d’autres personnes : les orages la fascinaient ainsi que les fauves, les araignées ou les serpents. La nuit suivante, Félina se réveilla vers une heure du matin. Sachant qu’il ne servait à rien d’attendre en vain le retour du capricieux sommeil dans son lit, elle se leva pour se faire une tisane. Et c’est en arrivant dans la cuisine qu’elle découvrit la présence d’un visiteur : le fameux chat gris était là, allongé sur sa table. En s’approchant du chat, elle se rendit compte que le chat était blessé et que ses poils étaient maculés de sang à de multiples endroits.
Le chat tourna sa tête dans sa direction et Félina cru lire dans son regard un appel alors elle s’enhardi à le caresser légèrement et il se laissa faire. Elle prit alors de quoi le nettoyer, un gant de toilette mouillé pour enlever tout le sang puis elle désinfecta chacune de ses blessures, il n’en avait pas tant que ça finalement et le sang enlevé devait être autant celui de ses assaillants que le sien. Il se laissait étrangement faire comme s’il lui faisait confiance et puis il avait l’air épuisé. Elle vérifia ses pattes, rien ne semblait cassé – elle avait été élevée dans la campagne picarde où ses parents avaient une ferme et elle avait aidé plusieurs fois sa mère à soigner de nombreux animaux aussi cet exercice ne lui faisait pas peur et elle savait quoi faire – puis elle inspecta sa gueule et son museau n’y trouvant que des égratignures. Elle lui donna à boire de l’eau fraîche puis du lait et puis elle lui fit manger quelques morceaux de jambon, son appétit bien que léger, la rassura. Elle l’installa délicatement dans un petit carton dans lequel elle avait installé un vieux pull et elle resta ainsi à le veiller, imaginant comment, épuisé par une longue bataille, fuyant devant plusieurs agresseurs, il était tombé par la petite lucarne restée ouverte qui surplombait la table. Elle se senti  à nouveau gagnée par le sommeil mais elle voulut rester près de lui  et s’installa sur le canapé du salon où elle dormit le reste de la nuit. C’est ainsi que Chamailleur entra dans sa vie. Elle le soigna et le nourrit pendant sept jours jusqu’à ce qu’il reprenne toutes ses forces à la suite de quoi Chamailleur reparti par la lucarne en montant sur le petit buffet. Félina fut un peu triste mais elle respecta son désir de liberté.

Trois jours plus tard, Chamailleur revenait par la lucarne. Il prit ainsi l’habitude de venir voir Félina régulièrement. Elle le nourrissait et le soignait (car il se battait souvent), il allait et venait librement grâce à la lucarne et il ne la laissait jamais plus de trois jours sans venir la voir. Chamailleur était un chat au pelage gris-argenté et aux très longues moustaches qui lui donnaient un air rebelle et noble à la fois, il avait des yeux verts émeraude très expressifs ainsi qu’une multitude d’expressions vocales qu’il utilisait pour communiquer avec Félina ce qui faisait qu’elle avait l’impression de vraiment dialoguer avec lui. Il était très intelligent et très vif. Tout en gardant une certaine distance et une certaine méfiance de chat de rue ayant beaucoup bourlingué, il semblait s’habituer de plus en plus à Félina et au confort de la vie d’appartement. Tout allait bien jusqu’à ce que Denis rentre. Félina s’aperçu alors que Denis n’aimait pas les chats et tout laissait à croire qu’il n’aimait aucun animal. Il ne voulait pas que Chamailleur dorme dans leur lit, ni sur le canapé et encore moins qu’il monte sur la table mais les batailles les plus rudes eurent lieu à propos du fauteuil préféré de Denis, un grand fauteuil en cuir noir,  dans lequel il aimait regarder la télévision. Félina remarqua peu à peu que Chamailleur prenait un malin plaisir à réclamer ce fameux fauteuil quand Denis était là, alors qu’en temps normal il préférait le canapé en tissu rouge, celui dont Félina avait hérité de sa grand-mère. Elle nota aussi qu’en présence de Denis, Chamailleur restait dans l’appartement sans sortir, il ne recommençait à sortir qu’au départ de Denis. Quand l’homme était là, le chat ne faisait pas la même chose que d’habitude : il se mettait à voler la nourriture du réfrigérateur qu’il arrivait à ouvrir avec une remarquable dextérité. Au lieu d’attendre patiemment que Félina ne le serve dans son écuelle et dés que Denis s’approchait de lui, il émettait des sons intenses et fauvesques, des cris stridents, des crachotements et des grondements démoniaques, alors que Félina ne lui connaissait que ronronnement et sons mélodieux. Aussi avait-elle donné deux autres surnoms au chat gris, elle l’appelait aussi chapardeur et chat huant. Rien de tout ceci ne faisait rire Denis, il n’arrêtait pas de tempêter à propos du chat, de ses poils, de sa caisse, des microbes qu’il était supposer apporter. Chamailleur menait une véritable guerre à Denis, le jour où le chat urina dans les chaussures ultra-chic préférées de l’homme juste avant qu’il ne reparte en voyage, Denis déclara que c’était  le chat ou lui et qu’il s’attendait à ne plus le voir à son retour. Félina pleura beaucoup ce matin-là et chamailleur vint ronronner contre elle pour la consoler.

Félina réfléchit beaucoup jusqu’au retour de  Denis, à propos des cinq années passées avec lui. Elle n’était pas très épanouie dans sa vie de couple, de cela elle en était très consciente car elle évoquait ce problème avec le docteur Aster son psychanaliste depuis près d’un an. Le docteur Aster pensait que ses phobies actuelles étaient liées à ses problèmes de couple. Denis était un homme dominateur et obsédé par la propreté. Il faisait de nombreuses remarques négatives à Félina, critiquait ses envies, ses rêves et ne savait pas être tendre. Mais Félina n’arrivait pas à trouver la force d le quitter, elle avait peur de se retrouver seule et s’arrangeait toujours pour mettre en avant les qualités de Denis et oublier le reste. Il avait les pieds sur terre, il était beaucoup plus équilibré que les amis que Félina avait eut avant lui, il était sérieux, stable et on pouvait compter sur lui. Il l’avait sécurisée à un moment où elle en avait besoin mais maintenant elle aspirait à autre chose. Plus elle y réfléchissait et plus l’idée de le quitter cessait de l’effrayer. Elle avait l’impression que c’était chamailleur qui lui donnait cette force nouvelle. Petit à petit, grâce à la présence du chat elle se sentait de mieux en mieux. Elle dormait davantage, faisant de plus en plus de nuits complètes, agrémentées de jolis rêves dont elle se servait pour écrire, ce qui lui avait permis de terminer l’histoire du Petit Philou. Et puis elle mangeait plus régulièrement et son dégoût pour certains aliments diminuait. Quand Denis revint de voyage le chat était toujours là. Il fit rapidement ses bagages et parti en claquant la porte. Le lendemain il envoya chercher ses quelques meubles dont le fameux fauteuil de la discorde.

Une vie nouvelle commença alors pour Félina en compagnie de chamailleur. Vivre sans homme était pour elle une nouveauté car auparavant elle avait toujours quitté un homme pour un autre et n’était jamais restée à vivre seule plus d’un mois. Les mois qui suivirent ne lui parurent pas difficiles grâce à la présence du chat mais aussi parce qu’elle avait déjà mené une vie assez solitaire avec Denis qui était très souvent absent. La solitude ne lui pesait pas, elle se sentait bien avec elle-même et avec le chat car elle se sentait libre et se mit à vivre au rythme de chamailleur qu’elle avait officiellement baptisé Chat-Mailleur. Elle dormait quand il dormait mais son sommeil à elle ne durait pas 16 heures comme celui du chat, elle se contentait de 9 heures ce qui est déjà beaucoup pour une humaine. Elle dormait aussi en plusieurs fois et sinon elle écrivait et elle dessinait sur sa table de travail tandis que Chat-Mailleur dormait à côté d’elle sur le canapé. Comme lui, elle dormait davantage le jour que la nuit et passait beaucoup de temps à obserer les autres chats sur les toits ainsi que les oiseaux, le ciel - nuages, soleil, pluie, étoiles, lune – et les humains plus ou moins dissimulés derrière leurs rideaux et leurs persiennes ou ceux qui marchaient dans la rue. Chat-Mailleur sortait par la lucarne et prenait son poste d’observation sur le toit où bien il s’installait sur la petite terrasse qui longeait les baies vitrés du loft, dissimulé par la végétation : une belle glycine recouvrait tous les murs et les pots qui étaient contre la rambarde et qui contenaient un boule de neige, un forsythia, un seringat et des roses trémières faisaient office de barrage naturel au vent et aux regards indiscrets. Elle s’enhardissait parfois à monter sur un escabeau et à passer sa tête par la lucarne pour voir la vie avec les yeux d’un chat. Elle aimait surtout entendre le chant de la fin du jour et regarder la nuit s’installer. Ses habitudes alimentaires avaient continué à se modifier, elle s’était remise à manger de la viande rouge, aliment qui, il y a encore un an, la révulsait totalement. Le goût lui était revenu en cuisinant cette viande pour Chat-Mailleur qui en était particulièrement friand. Ils la mangeaient tous les deux saignante bien entendu. Elle mangeait en plusieurs petite fois, comme le chat, ce qui fait qu’elle avait, pour son plus grand bonheur, réussi à reprendre quelques kilos. Chat-Mailleur se transformait également, le chat de gouttière devenait de plus en plus chat d’appartement, totalement sécurisé par Félina il dormait parfois sur le dos, dans une position qui ressemblait à un étirement, le ventre à découvert. Aucun recoin du loft, aucun placard, aucun meuble ne lui était inconnu car c’était un aventurier doublé d’un funambule talentueux d’une souplesse incroyable. Elle avait commencé à écrire une nouvelle histoire, les aventures de trois chats de gouttière qu’elle avait appellé Chat-Mailleur, Chat-Pardeur et Chat Huant. Tout allait donc pour le mieux jusqu’à ce jour de Mai où Chat-Mailleur ne revint pas d’une ballade.

Au début, elle ne s’inquiéta pas car il avait l’habitude de sortir même s’il le faisait de moins en moins. Son inquiétude commença au 4e jour puisque le chat n’avait jamais été absent plus de trois jours. Cela faisait jour pour jour 2 ans que Chat-Mailleur était entré dans sa vie et un an que Denis en était sorti. Elle se dit qu’elle devait partir à la recherche du chat. Mais sortir  était pour elle une immense frayeur, une peur qu’elle n’avait pas encore affronté. Elle ne sortait quasiment plus depuis le départ de Denis, son psy habitait dans son immeuble et elle se faisait livrer toutes ses courses. Elle ne sortait que pour les fêtes familiales et c’était son frère Arnault qui vivait à Versailles ou ses amis qui venaient la chercher à domicile. Elle n’avait que deux amies car les autres étaient surtout liés à Denis et elle ne les voyait pas car elles étaient très prises par leur vie de jeune maman. Ce n’est qu’à l’aube du 5e jour qu’elle trouva la force de sortir de chez elle. Elle fut prise de vertiges dés qu’elle franchit le seuil de l’immeuble mais le souvenir de Chat-Mailleur vint lui donner la force de s’engager dans la rue. D’autres vertiges survinrent, à chaque fois elle s’arrêtait, soufflait en se concentrant sur son souffle venant du ventre, comme le docteur Aster lui avait appris à le faire et pensait très fort à Chat-Mailleur ce qui lui permettait de mettre fin à la crise. Mais au bout d’une heure d’intenses recherches dans le quartier elle n’avait toujours pas retrouvé son chat, n’ayant pourtant négligé aucune porte cochère, aucun escalier extérieur, aucune voix sans issu ni tout autre coin dans lequel Chat-Mailleur aurait pu trouver refuge. Elle rentra chez elle pour se reposer et se remettre de ses émotions. Scrutant à nouveau les toits dans l’espoir d’y distinguer chat-Mailleur parmi les chats du quartier, il lui vint l’idée que c’était sur les toits qu’elle devait le chercher pisque c’était son terrain de jeu de prédilection. Mais comment accéder aux toits du voisinage ? Et comment surmonter son vertige ?

Il lui fallut attendre le lendemain pour trouver la force de se jeter dans cette nouvelle bataille.

Elle commença par le toit de son immeuble auquel elle accéda par une échelle de secours puis il lui fallu examiner les toits des immeubles voisins. Cela ne fut pas toujours possible car certains accès étaient fermés ou interdits par des concierges à l’allure cerbèrienne. Ses jambes tremblaient et son cœur battait la chamade, elle devait faire de multiples pauses pour ne pas s’évanouir mais elle persévéra jusqu’à l’épuisement. Elle rentra à nouveau bredouille et décida d’explorer les toits de l’autre côté de la rue le jour suivant. Le 7e jour, après avoir passé une nouvelle nuit agitée à rêver de Chat-Mailleur, elle monta sur le toit de l’immeuble où elle avait vu Chat-Mailleur pour la première fois. Elle eut moins de crises de vertiges que la veille comme si son corps s’habituait, elle s’arrêta moins souvent et se prit même à admirer quelques secondes la magnifique vue du Paris aérien qui s’offrait ainsi à elle. Elle se souvenait d’un rêve dans lequel, comme un chat, elle arpentat tous les toits de son quartier aux alentours du presbytère et de l’église Saint-Médard. Tout était étrangement facile dans ce rêve et elle ressentait une joie enfantine à braver les interdits. Déçue de ne pas trouver Chat-Mailleur sur ce toit, elle en fit le tour en empruntant les chemins que les hommes d’entretien utilisent pour inspecter les toits des maisons voisines qui étaient de moindre hauteur. C’est ainsi qu’elle finit par le découvrir en contrebas. Elle pu accéder à ce toit en descendant une courte échelle métallique. Chat-Mailleur était sérieusement blessé cette fois-ci, il avait sans doute une ou deux pattes cassées mais il était vivant. Elle du cependant le laisser et revenir chez elle chercher un carton pour pouvoir le transporter sans risque mais seulement après l’avoir réconforté en le caressant et en lui expliquant ce qu’elle allait faire. C’était une habitude qu’elle avait prise à ses côtés, lui parler comme à un humain car elle avait vraiment l’impression qu’il comprenait tout. Une fois revenue chez elle avec Chat-Mailleur, elle appella immédiatement SOS vétérinaire. Le docteur Yahn Léon confirma les doutes de Félina, le chat avait ses deux pattes arrière cassées, il lui fit une piqûre contre la douleur et lui posa une atèle et un bandage à chaque patte. Félina pu enfin se reposer aux côtés de son fidèle compagnon. Ils étaient tous les deux morts de fatigue et d’émotion.

Le lendemain, le docteur Léon vint prendre des nouvelles de Chat-Mailleur dont Félina était devenue l’infirmière et l’assistante (en effet Chat-Mailleur ne pouvait pas se déplacer seul, il fallait qu’elle le dépose dans sa caisse et le soutienne pour qu’il puisse faire ses besoins, en essayant de ne pas salir ses bandages !). Si Chat-Mailleur souffrait de cette soudaine dépendance et si sa dignité y trouvait à redire il eut la bonne grâce de ne pas le montrer à sa maîtresse qui continua à le traiter avec tout le respect qui lui était dû. Cette nouvelle épreuve ne fit que les rapprocher. Le docteur Léon qui était un vétérinaire dévoué venait tous les jours prendre des nouvelles de Chat-Mailleur car il habitait aussi dans le quartier. C’est en tout cas ce que se dit Félina au début mais elle finit par se rendre compte que Yahn venait également pour le simple plaisir de la voir et de lui parler, elle découvrit également de très beaux yeux noisette et un tendre sourire. Elle aimait sa passion pour les animaux et notamment les fauves qu’il était allé étudier en Nouvelle Zélande dans le célèbre Zion Wild Life Gardens. Elle appréciait la façon respectueuse et attentionnée avec laquelle il s’occupait de Chat-Mailleur qui l’avait adopté. Yahn devint assez vite bien plus qu’un médecin, un ami puis un compagnon de vie qui vint prendre doucement sa place au 6e étage. Et le duo devint trio.

 

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