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"Quand j'ouvre les yeux, je suis dans une voiture. J'ai mal à la cheville gauche et à la tête. Je porte ma main à mon visage et je sens le sang couler. Je tourne la tête vers la gauche, il y a un homme à la place du chauffeur, il est inconscient, il saigne beaucoup. Qui est-il? Dans la boîte à gants une sonnerie retentit, je l'ouvre, je prends le téléphone, je décroche, une voix féminine et enfantine me dit :" Maman ne t'inquiète pas, Papa est venu me chercher et je n'ai pas oublié mes devoirs pour le week end, bisous!", je réponds "bisous" machinalement, elle a déjà raccroché. Ce téléphone est-il à moi? Ai-je une fille? J'ai si mal à la tête...je suis si fatiguée...où est-ce que je me trouve? et surtout...qui suis-je?"

"Je me tourne vers l'homme, il est inconscient mais il respire...Je secoue légèrement son épaule en lui disant d'une voix maladroite :"Monsieur, réveillez-vous, nous avons eu un accident!". L'homme gémit mais il ne bouge pas et il semble respirer difficilement et j'ai maintenant son sang sur ma main gauche. Mon regard s'arrête un instant sur son visage, je l'observe tout en cherchant un détail sur ce visage couvert de sang, un détail qui me permettrait de savoir qui il est. L'idée me vient alors que je dois sortir de cette voiture, voir où je suis...et soudain me voilà prise de panique pendant que je décroche difficilement ma ceinture de sécurité. Et si la voiture allait prendre feu, exploser? J'ouvre avec beaucoup de mal la portière, de la végétation me gène, je descend enfin, je pose mon pied gauche, ce qui m'arrache un cri, la douleur est si intense! Je suis dans un fossé profond et ne me sens guère la force de l'escalader pour en sortir mais je m'éloigne en boitant tout en m'accrochant aux branchages. Je me retourne, non, la voiture n'a pas l'air de présenter le moindre danger, aucune fumée ne s'en dégage, aucun bruit, aucune odeur suspecte. Je me laisse tomber par terre. J'entends un pigeon roucouler, j'aime beaucoup le chant de cet oiseau...c'est bien étrange tout de même, je sais que j'aime le chant des pigeons mais je ne sais pas qui je suis! Qui suis-je? Qu'est-ce que je fais avec cet homme? Est-ce mon mari? Mon amant? Un ami? Un collègue? Je regarde ma main, elle ne porte aucune alliance. Et soudain je me dis que dans cette voiture il doit bien y avoir quelques indices...un sac à main, peut-être? Cet homme a peut-être une veste et des papiers dans sa veste...Il faut que je retourne dans cette voiture, que je cherche, mais j'ai si mal, si seulement quelqu'un pouvait venir m'aider, me secourir...j'ai besoin d'aide... il faudrait que j'appelle...que j'appelle...le téléphone! Il y avait un téléphone dans cette voiture, qu'en ais-je fait ? Il faut que je le retrouve, il faut que j'appelle les secours... Je me redresse, je mets toute mon énergie dans ce bon, ce bon vers la vie...Mais tout devient flou, tout tourne autour de moi et je me sens fléchir, j'ai l'impression d'entendre une sirène tandis que je vacille dans un trou noir...".

Quand je me réveille à nouveau je suis à l'hôpital. Je suis seule dans la chambre. Des souvenirs me reviennent à l'esprit. Je suis étendue au sol, je ne sens plus mon corps, je regarde le ciel bleu, des nuages blancs me frôlent, je flotte...Et soudain la douleur transperce mon corps comme une dague, j'entends quelqu'un crier puis gémir, des gens parlent autour de moi mais je ne comprends pas les mots. Des éclairs bleus et rouges traversent mon ciel devenu sombre, le hurlement des sirènes et encore ces cris qui me vrillent l'esprit, plus rien. Je ne sais toujours pas qui je suis. Une infirmière entre dans la chambre, elle est brune, grande et me fait penser à Fanny Ardent. Elle sonne pour appeler le médecin en me disant :"Bonjour Cassandra, le docteur Waulk va venir s'occuper de vous, comment vous sentez-vous?" Je m'appelle donc Cassandra comme la prophétesse grecque. Pourquoi faut-il que je me souvienne des pigeons, des actrices et des Grecques antiques et que j'oublie l'essentiel?

Le docteur Waulk est venu m'ausculter. C'est un homme de taille moyenne aux cheveux blancs et aux yeux bleus ciel à la Jean Gabin. Il m'apprend que mon "compagnon" est plongé dans le coma. Il souffre d'une commotion cérébrale et a perdu beaucoup de sang à cause des blessures dues à l'éclatement d'une vitre. Cet homme s'appelle Juan Lomi, il vit à Enghien Les Bains, sa femme Véronique vient d'arriver à l'hôpital et elle souhaite me rencontrer. Le docteur pense que les rencontres avec des personnes auxquelles je suis peut-être liée, même de façon indirecte, peut réveiller ma mémoire. Sa voix est chaude et rassurante, je me laisse convaincre. Il ne s'explique pas cette perte de mémoire, il pense que c'est plus un blocage psychologique que physique car je n'ai pas de traumatisme cranien, je n'ai qu'une cheville foulée (et plâtrée), des douleurs et contusions multiples mais bénignes et quelques coupures superficielles sur le visage. Je m'appelle Cassandra Le Nôtre et je vis à Montmorency. L'accident a eu lieu dans la forêt de Montmorency. Après son départ j'examine le contenu de mon sac à main. J'y découvre une carte professionnelle, je suis paysagiste pour le conseil général du Val d'Oise. Sur cette carte qui date d'il y a deux ans, je suis brune et j'ai les cheveux courts alors que la femme qui me regarde dans le miroir devant moi est blonde aux cheveux mi-courts. Sur une autre photo plus ancienne trouvée dans une pochette j'ai les cheveux longs. J'ai apparament l'habitude de souvent changer d'apparence.

L'arrivée d'une aide soignante vient interrompre ce voyage intérieur. Je termine mon insipide repas lorsque je reçois la visite de Véronique Lomi. C'est une grande femme, très ronde qui me fait penser à Catherine Jacob. Mais pourquoi tous ces gens me font-ils penser à des acteurs? Cette femme est visiblement très nerveuse, ses mains s'agitent sans arrêt quand elle parle. Elle a les yeux rougis. C'est d'une voix très basse presque usée qu'elle me dit que, d'après elle, je suis la maîtresse de son mari. Elle est juste venue me le dire et voir à quoi je ressemble. Je ne sais que lui répondre! Elle m'apprend aussi que le téléphone de la voiture était le sien et que c'est sa fille d'un premier mariage, qui m'a prise pour elle. Je n'ai donc pas d'enfant. Elle s'en va, je me sens très lasse et je m'assoupis comme assommée par toutes ces nouvelles informations.

Deux heures plus tard, alors que je m'éveille, je reçois la visite de la police. Le lieutenant Delin est un grand homme massif à la voix rauque qui ressemble à Bruno Cremer. Le lieutenant m'apprend que l'accident est du à l'éclatement du pneu et qu'on y a retrouvé une balle! C'est donc une tentative de meurtre! Mais comment pourrais-je savoir si quelqu'un m'en veut à ce point là puisque je ne sais pas qui je suis? Je leur parle de Véronique Lomi et de ses soupçons, on ne sait jamais. Ils m'apprennent aussi qu'ils ont retrouvé une voiture, 3 kilomètres en amont du lieu de l'accident. Cette voiture était apparemment tombée en panne, elle contenait une enveloppe décachetée, vide à mon nom. Il y a dons une possibilité pour que je ne connaisse pas ce Juan Lomi! Le lieutenant me dit que désormais un policier restera de garde à la porte de ma chambre au cas où ce soit moi qui était visée par cet attentat. Mais les policiers pensent que le meurtrier poursuivait plutôt ce Juan Lomi qui est courtier en bourse mais qui semble vivre très au dessus de ses moyens et qui est un habitué du champs de course et du casino d'Enghien où il dépense régulièrement des sommes importantes. C'est déjà la fin de l'après midi quand le lieutenant s'en va.

Je suis dans le désarroi le plus total, je me sens si seule! J'aimerais téléphoner à quelqu'un mais à qui? Il n'y avait pas de carnet d'adresse dans mon sac. J'aimerais tellement qu'une main amie prenne la mienne, que l'on me rassure et que l'on me dise qui je suis. Les médicaments pour la douleur que l'on me donne sont très puissants, je me sens à nouveau partir...Je fais un rêve très agité qui vire au cauchemar. Je suis poursuivie par ce Juan Lomi qui a pris les traits de Jack Nicholson (dans "Shining"), il me dit qu'il est un agent double, il devait me tuer en sabotant ma voiture pour le compte du bureau de Saïgon qui a découvert que j'ai décodé le message que le président des Etats-Unis (Arnold Scharzenegger) a adressé aux Australiens, mais il est tombé amoureux de moi et veut m'emmener à Tuamotu pour échapper à Véronique Lomi qui n'est pas sa femme mais un agent de Saïgon. Dans ce rêve je ne cesse de fuir pour échapper à quelque chose ou à quelqu'un. Je me réveille en sueur avec la sensation que ce Juan Lomi sait quelque chose qui peut me sauver la vie.

Mon coeur bat très fort, je me verse un verre d'eau pour me calmer et je vais au lavabo me rafraîchir le visage. Et soudain, les premiers flashes m'assaillent. C'est au théâtre d'Enghien que j'ai rencontré ce Juan Lomi que des amis m'avaient présenté et c'est pour cela que j'ai accepté de le suivre dans sa voiture quand la mienne est tombée en panne. Je revois assez clairement cette scène, il me serre la main et il me dit :" enchanté de faire votre connaissance, Solange".

Nous sommes Jeudi 25 Mai, il est 23h30, cela fait 28 heures que j’ai eu mon accident et que j’ai perdu le fil qui me reliait à ma vie. Suis-je Cassandra Le Nôtre ou Solange? Suis-je paysagiste ou espionne? Suis-je la maîtresse d’un homme marié ou un solitaire dont personne ne signale la disparition? Suis-je quelque un de bien ou un être immoral? Et qu’y a-t-il de si troublant dans ce passé dont je refuse de me souvenir? Torturée par ces questions sans réponse, je décide de lire les magazines que l’aide soignante m’a aporté. Le docteur Waulk pense que lire la presse me permettra de stimuler ma mémoire. Je ne suis pas étonnée des nouvelles du monde car ma mémoire sélective n’a occulté que ce qui concerne ma vie personnelle. Rien ne retient mon attention à part une interview de Fanny Ardent qui fait allusion à la pièce de théâtre qu’elle répète « Le sabotage » aux côtés de Bruno Cremer et dont la première aura lieu à Paris dans un mois. Cette pièce raconte l’histoire d’un couple qui vit en Moldavie dans les années 80 et qui s’oppose au pouvoir communiste en place. Ils ont déclenché une grève générale, lui est le chef d’un grand syndicat et elle son bras droit. Mais le gouvernement a un moyen de pression sur eux : leur fille qui avait disparu. Vingt ans plus tôt, ils avaient voulu fuir leur pays pour émigrer, leur fille de cinq ans était partie dans un premier voyage avec la sœur de cette femme mais le passeur n’était pas revenu les chercher, ils les avait dénoncé, ce qui leur avait valu de passer cinq ans dans un camp de travail. Ils étaient restés sans nouvelles pendant vingt ans et puis le gouvernement moldave avait retrouvé la trace de leur fille et les menacerait maintenant de la tuer s’ils ne faisaient pas cesser cette grève générale. Je ressens des choses étranges en lisant cet article comme une vague impression de déjà vu. Peut-être ais-je déjà vu jouer cette pièce? Non, ce n’est pas possible puisque la première a lieu dans un mois. Cette pièce a peut-être été déjà jouée ailleurs? Ils disent que l’auteur s’appelle Irène Labonté. Ce nom me semble familier. Peut-être ais-je déjà lu cette pièce? Pourtant, il me semble que cette histoire éveille en moi un autre écho, comme si j’avais déjà vécu quelque chose de semblable. C’est sur ces considérations que je m’endors à nouveau alors que l’aube est déjà là.

A mon réveil j’ai droit à une nouvelle visite du docteur Waulk. Je lui raconte mes dernières réflexions, il décide alors d’informer la police pour qu’elle recherche une femme appelée Solange qui aurait été portée disparue. Je passe les deux heures suivantes à regarder la télévision bien que mon esprit ne puisse se concentrer sur rien. Je ne cesse de penser à ce prénom, Solange et au scénario de cette pièce de théâtre. La visite du lieutenant Delin vient interrompre mon monologue. Il est venu m’apprendre que le téléphone qui se trouvait dans la boîte à gant du véhicule de Juan Lomi n’appartenait pas à sa femme mais à Angela Sola une jeune femme retrouvée assassinée il y a une semaine. L’appel que j’ai reçu n’était pas un appel direct mais un message datant d’une semaine, enregistré par la fille de la victime. Il me dit aussi que Juan Lomi n’est pas marié, par conséquent cette femme qui a déclaré s’appeler Véronique Lomi et être la femme de Juan est un imposteur! Mais le plus grave c’est qu’il soupçonne ce Juan Lomi d’être l’assassin d’Angela Sola et se demande si je n’étais pas, sans ce providentiel accident, sa prochaine victime.

Au fur et à mesure de ses déclarations je me sens de plus en plus mal et le policier, inquiété par la soudaine pâleur de mon visage appelle l’infirmière. Il me promet de revenir m’informer dés qu’il en saura plus sur mon identité ou sur cette mystérieuse femme. Je me sens nauséeuse, j’ai les mains qui tremblent et des larmes coulent sur mes joues sans que je m’en rende compte. Le docteur Waulk me prescrit un calmant et me dit que son collègue, le docteur Soumani qui est psychiatre va venir s’entretenir avec moi pour m’aider à gérer tout ce qui m’arrive.

Nous sommes Vendredi 26 Mai, il est 16h30 et cela fait 45 heures que ma vie est devenue cet épais brouillard. Le docteur Soumani est venu me rendre visite et depuis je me sens mieux. Il m’a présenté quelques photos et m’a demandé de les commenter! C’est incroyable comme nos humeurs et nos pensées peuvent orienter notre regard! Ces images m’ont permis d’exprimer toutes mes peurs et toutes mes angoisses, j’ai bien pris conscience d’avoir échappé à la mort mais ce Juan Lomi n’est plus un danger et la police veille sur moi. Ce psychiatre est un homme grand, mince, des cheveux blonds, des yeux bleus et un teint hâlé, il me fait penser à Franck Dubosq. Après son départ, je suis plus sereine mais épuisée et je m’assoupi encore pour sombrer à nouveau dans un horrible cauchemar. Je suis sur une scène de théâtre et je joue une scène avec Franck Dubosq qui s’approche de moi en murmurant : « toi, c’est vraiment toi, Sophie, j’ai failli ne pas te reconnaître car tu n’avais que cinq ans la dernière fois que je t’ai vue et te voilà vingt ans plus tard, devenue une jolie femme ». C’est alors qu’un homme surgit de la salle plongée dans le noir, c’est Juan Lomi, mais dans mon rêve il a les traits de Rutger Hauer dans « Hitchen », les deux hommes se battent et c’est Franck Duboscq qui finit par prendre le dessus et étrangle Rutger Hauer! Un autre cauchemar vient chasser le premier, cette fois-ci Juan Lomi, sous les traits de Guy Marchand dans Nestor Burma, était un détective privé qui enquêtait sur la mort mystérieuse d’Angela Sola et c’est moi qu’il pourchasse. Moi, Cassandra Le Nôtre, soupçonnée de ce meurtre, il me menace d’un revolver et je lui explique alors qu’ayant témoigné dans un procès important contre la mafia, j’ai changé d’identité, que cette Angela Sola était ma sœur, une sœur qui n’avait toujours ressenti pour moi que de la haine et qu’après m’avoir fait chanté, extorqué beaucoup d’argent et terrorisé, elle avait décidé de me vendre à la mafia. Je n’avais alors pas eu le choix, je l’avais tuée mais ce n’était que de la légitime défense. C’est alors que je révèle à Guy Marchand ma véritable identité, pour achever de le convaincre, je m’appelle : Solange De Los Santos. Et c’est ainsi que je m’éveille, avec la certitude d’avoir retrouvé ma véritable identité!

J’appelle une aide soignante et je demande à téléphoner à l’inspecteur Delin afin qu’il recherche ma trace. Et c’est au moment où je repose le combiné que me revient un souvenir en un flash fulgurant : je me revois dans cette voiture avec ce Juan Lomi, nous discutons de notre objectif, il me dit que nous arrivons bientôt et qu’il va me présenter mes vrais parents, je suis une enfant adoptée et je suis à la recherche de mes parents biologiques. Soudain sur la route une voiture arrêtée sur le bas-côté avec les warning nous oblige à ralentir, nous la dépassons et c’est alors que la voiture fait une embardée et pars dans le fossé.

Dans la soirée je reçois la visite du lieutenant Delin et de son adjoint qui ressemble à Mel Gibson. Il me confirrme que je m'appelle Solange De Los Santos et que je suis actrice. Je venais de déménager, je vis à Enghien Les Bains avec une colocataire Fabienne Senan. Je répète actuellement une pièce "Le sabotage" avec Fanny Ardant et Bruno Cremer, dans cette pièce je m'appelle Cassandra Le Nôtre, celle sur laquelle j'ai lu un article dans le journal, je viens de terminer le tournage d'un film avec Catherine Jacob qui s'appelle "Saïgon". J'ai aussi participé au film de Franck Duboscq qui sort Mercredi prochain "Le complot". Il tient tous ses renseignements de ma colocataire qui va venir me voir. Elle était partie en week end et ne devait revenir que Lundi. Je n'ai pas de famille, je suis orpheline c'est pour cela que personne ne s'était inquiété de moi. Il me dit aussi que l'on sait qui a provoqué l'accident. Ce sont de jeunes garçons qui jouaient avec l'arme du père de l'un d'entre eux, c'était donc accidentel.

Le docteur Waulk vient ensuite prendre le relais. Il me dit que le stress engendré par tous ces "rendez-vous" importants que ce soit au théâtre ou au cinéma pour une jeune actrice dont la carrière débute et celui engendré par la recherche de mes parents biologiques explique ma perte de mémoire. Me voilà donc fixée et pourtant je n'ai pas l'impression d'avoir répondu à toutes les questions que je me pose. J'ai toujours cette impression que quelque chose m'échappe. En prenant mon repas, je me dis que demain, quand cette Fabienne sera là je reprendrai davantage possession de ma vie. Ma nuit est à nouveau coupée de plusieurs rêves, je me vois sur cette route avec Juan et Véronique Lomi nous nous dirigeons vers une voiture à l'intérieure de laquelle il y a...moi! Solange De Los Santos, rapidement maîtrisée, étranglée et jetée dans le coffre de la voiture de Véronique Lomi qui s'en va. Juan et moi procédons à la fouille du véhicule, je prends une enveloppe sur le siège avant passager, j'emporte la carte professionnelle de Cassandra Le Nôtre (un artifice de théâtre) qui s'y trouvait et je laisse l'enveloppe, je prends aussi son sac à main puis nous montons dans la voiture de Juan. Je m'installe et je me regarde dans le miroir du pare-soleil, j'ai le même visage qu'elle, je suis Solange De Los Santos. Je me réveille en sueur, j'allume la lampe de chevet et je m'aperçois tout de suite que quelque chose ne va pas. Il y a un téléphone portable sur ma table de chevet, quelqu'un est venu dans ma chambre! Soudain, il sonne, au bout de trois sonneries je décide de décrocher et j'entends une voix féminine qui ressemble à celle de Véronique Lomi mais cette voix parle en russe, et je comprends ce qu'elle me dit, elle m'appelle Enimia, elle dit c'est moi, Anouchka, c'est moi petite soeur et elle me raconte l'effrayante histoire de ma vie.

Toute la nuit j’ai fait des rêves agités, j’ai rêvé d’Angela, de Véronique, de Juan, de l’inspecteur Delin, du docteur Waulk, du docteur Soumani et de bien d’autres…Dans la plupart de mes rêves j’étais à l’hôpital mais je me rendais compte que c’était un faux hôpital, un décor de cinéma…Soit j’étais la victime d’un complot qui visait la sécurité de l’Etat (et les Etats français, moldavien , russe et étatsunien se mêlaient anarchiquement), soit j’étais finalement en train de tourner un film pour Hollywood ou pour les studios de Canal+, un film à budget et casting international avec Swarzeneger, Bruno Cremer, Mel Gibson, Fanny Ardant, Catherine Jacob, Jack Nicholson…Il y en avait un également où tous les personnages féminins se révélaient être ma sœur ou bien moi et l’hôpital devenait un orphelinat! Il y avait aussi ce Juan Lomi qui sortait du coma et qui essayait de retrouver ma trace, tantôt dans le but de me tuer, tantôt dans celui de me sauver, il devenait aussi mon amoureux ou mon frère! En me réveillant je découvris avec joie la réalité. Nous Sommes Lundi 29 Mai et je suis rentrée chez moi avec ma colocataire et amie Fabienne. Nous nous sommes connu en vacances, en Australie, l’été dernier. Fabienne est venue me voir à l’hôpital Samedi et Dimanche, c’est une jeune femme très sympathique, des cheveux blonds coupés courts qui encadrent un visage volontaire et un regard chaleureux. L’appartement est un trois pièce aux tons blanc et très lumineux, il est décoré avec beaucoup de goût et d’humanité, de nombreux meubles ont été réalisés par Fabienne, ce sont des meubles en carton. Fabienne est une artiste, elle a fait les beaux arts. Dans le salon embaume le bouquet de fleurs que le lieutenant Delin m'a envoyé, ce sont des roses rouges. Me voilà prête à reprendre la vie de Solange De Los Santos, jeune actrice pleine de promesse, c’est une vie qui me plaît. Juan Lomi est mort, il n’est jamais sorti du coma, la police a également retrouvé le corps sans vie blessé par balles de la prétendue Véronique Lomi, ils n’ont pas réussi à l’identifier. Dans le salon je trouve un magazine avec Arnold Schwarzeneger, gouverneur de Californie en première page, dans ma chambre une affiche de Jean Gabin, dans ma dvdthèque « Shining » et « L’arme fatale » trônent en évidence. Tout ce que j’ai retrouvé dans mes rêves, on m’avait vraiment bien préparé pour mon rôle, les renseignements que l’on m’avait donné étaient très fiables. Grâce à la présence attentive de Fabienne j’ai pu facilement intégrer la vie de Solange De Los Santos, la jeune femme dont j’ai volé la vie.

Dans mon autre vie je m’appelais Enimia Missparadovnia, j’étais une espionne russe et j’avais deux sœurs. C’est dans un orphelinat que nous avions été recrutées puis endoctrinées et entraînées pendant des années avant d’être affectées à cette mission. La première étape de cette mission était de prendre la place de trois jeunes femmes françaises dont les identités nous auraient servi de couverture. Ma sœur cadette Nina devait prendre la vie d’Angela Sola mais le transfert a échoué et Nina est morte. Nos proies avaient été choisies en fonction de leur ressemblance avec nous mais nous avions en plus subi une opération esthétique pour parachever l’œuvre de la nature. Je ne sais pas en quoi consistait la 2e étape car c’est Anouchka (alias Véronique Lomi) et Igor Pouchkine (alias Juan Lomi) qui dirigeaient cette opération qui portait le nom de Pixel bleu. Ni Igor, ni Anouchka n’avaient transmis mon identité à leur chef, je suis donc libre de poursuivre la vie de Solange de Los Santos. C’est cela que m’a annoncé ma grande sœur Anouchka au téléphone, elle était en train de mourir et me disait que j’avais gagné ma liberté. C’était un témoignage d’amour bien qu’elle ait reçu l’ordre de me tuer afin d’effacer toute trace de cette mission avortée, ordre qu’elle a refusé d’accomplir. Anouchka a toujours été une sentimentale, contrairement à moi. Je n’ai pas fait de sentiments quand je me suis glissée auprès d’Igor et que je lui ai injecté un produit mortel pour qu’il ne sorte pas du coma, je n’ai pas fait de sentiment quand j’ai vendu mes sœurs Anouchka et Nina à la mafia qui a mis fin à leurs jours. Personne n’a jamais su que j’étais un agent double j’ai vendu notre réseau d’espion à la famille Gum, une des plus puissantes de Russie. Et ceci dans un seul but : acquérir ma liberté et devenir une star.

Il n’y a plus personne pour témoigner de cela à part vous et moi…vous…c’est embêtant, je ne pensais plus à vous…Il va falloir que je m’occupe aussi de vous…

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